Publié dans La manipulation mentale, Les abus, Les sectes

Le tout-puissant gourou polygame et pédophile

Warren Jeffs, 55 ans, est le leader d’une secte mormonne fondamentaliste. Adepte de la polygamie, il a été condamné pour avoir abusé sexuellement deux mineures. Son procès a levé le voile sur d’incroyables pratiques.ux Etats-Unis, certaines pratiques arriérées survivent envers et contre tout. Quand l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l’un des principaux mouvements mormons, a rejetté la pratique de la polygamie en 1890, certains de ses membres l’ont quittée, créant un mouvement parallèle pour pouvoir perpétuer leur tradition. Cette entité, devenue l’Eglise fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours, existe toujours et encourage encore la polygamie. Depuis quelques années, son tout-puissant leader, Warren Jeffs, défraie la chronique judiciaire. Cet homme de 55 ans à l’apparence anodine est accusé d’avoir eu 78 femmes, dont 24 mineures, d’avoir célébré 67 mariages de mineures et d’avoir procédé à la «réassignation» des femmes dans 300 familles, selon le «San Angelo Standard-Times», un des quotidiens qui couvre le stupéfiant procès qui se déroule au Texas. Mais surtout, Warren Jeffs a été convaincu d’agression sexuelle sur enfants sur deux jeunes filles de 12 et 15 ans, qu’il avait épousées. La peine dont il doit écoper pour ces crimes sera fixée prochainement.

Warren Jeffs est un pur produit du fondamentalisme mormon. Son père, Rulon Jeffs, a dirigé l’Eglise jusqu’à sa mort en 2002. Le «New York Times» indiquait alors que l’homme a laissé derrière lui une vingtaine de femmes, environ 60 enfants et des centaines de petits-enfants. Warren lui a succédé, comblant rapidement le vide. A la tête de la plus grande communauté à pratiquer encore le «mariage pluriel», Warren Jeffs a acquis une aura considérable auprès de ses quelque 10 000 membres. Comme tous les leaders de la secte, il jouit du titre de «prophète» et dispose d’un pouvoir très étendu sur la vie de ses fidèles. L’Eglise fondamentaliste, dotée de moyens financiers conséquents, possède par exemple la plupart des maisons dans lesquelles vivent ses fidèles, ainsi que les murs de leurs commerces et entreprises, comme le rapportait l’«Arizona Republic» en 2005. La communauté est totalement refermée sur elle-même. Selon un ancien membre de la secte cité par le «Salt Lake Tribune», les journaux et Internet sont bannis. Et tout ce qui est différent fait peur. Le Southern Poverty Law Center, association en pointe dans la lutte pour l’égalité aux Etats-Unis, a par exemple épinglé Warren Jeffs pour avoir déclaré que «la race noire est le peuple qui a toujours permis au diable d’amener le mal sur Terre».

Quatre mois de folle cavale

Les Etats du Sud, en particulier l’Utah, où vivent de nombreux mormons, rechignent à traduire les polygames en justice. Warren Jeffs a eu pendant quelques temps toute latitude pour imposer sa loi aux membres de la communauté, comme en 2004, lorsqu’il prit la décision de bannir 21 hommes, «réassignant» leurs femmes et leurs enfants à d’autres hommes, comme le racontait le «Los Angeles Times». Mais sa conduite à la tête de l’Eglise fondamentaliste a contraint la justice à agir. Ses ennuis ont commencé en 2004, lorsque certains de ses neveux l’ont accusé d’agression sexuelle. Il a ensuite été poursuivi pour avoir célébré des mariages impliquant des mineurs. Un mandat d’arrêt a même été publié par l’Utah contre Warren Jeffs en avril 2006, mais l’homme a pris la fuite, puisant dans les vastes ressources financières de l’Eglise pour financer sa cavale. Warren Jeffs a alors les honneurs de la célèbre liste publiée par le FBI des dix criminels les plus recherchés. Provocateur, il ira jusqu’à faire un détour par le fief de la secte, Colorado City, dans l’Arizona, pour y célébrer d’autres mariages de mineures, comme l’indique alors le «Deseret News», un journal local. Lors de son arrestation en août 2006, le gourou est surpris au volant de sa Cadillac Escalade rouge. A bord du véhicule, les policiers trouvent 54 000 dollars en liquide, 15 téléphones portables, quatre ordinateurs portables et trois perruques.

«Moi, le seigneur Dieu du ciel»

Avant qu’un premier procès ne débute en 2007, l’accusé avait tenté de se suicider en prison, ainsi que le rapportait alors CNN. A l’issue des audiences, Warren Jeffs a été reconnu coupable de complicité de viols sur mineurs. Mais ce verdict a ensuite été annulé par la cour suprême de l’Utah en 2010 pour un vice de procédure. Le procès actuel résulte d’une opération de police menée en 2008 contre la nouvelle et imposante base texane de l’Eglise, le «YFZ Ranch» (YFZ pour «Yearning for Zion», ou «soif de Sion»). A l’époque, CBS raconte que plus de 460 enfants ont été retirés à la communauté et placés dans des foyers, en raison des risques d’abus et de négligence. C’est durant ce raid que les enquêteurs ont pu rassembler les preuves attestant que Warren Jeffs n’a pas été qu’un complice: il a activement participé à des viols sur mineures. Et, comme le prouve le verdict rendu jeudi, le Texas ne s’est pas montré aussi clément que l’Utah.

Malgré l’énorme scandale qui poursuit Warren Jeffs depuis des années, l’homme dirige toujours l’Eglise. Selon l’antenne texane de Fox, il continue même à délivrer des sermons depuis sa cellule, par téléphone. Certes, le soutien de sa communauté commence à s’éroder. Willie Jessop, un ancien partisan du gourou, a ainsi déclaré au «San Angelo Standard-Times» que «Warren Jeffs a trahi son peuple et ses valeurs». Pourtant, la nouvelle du verdict texan a peu de chances de parvenir intacte aux membres de la communauté. Pour Isaac Wyler, un ancien de l’Eglise fondamentaliste cité par le «Salt Lake Tribune», ils n’auront droit qu’à une version «édulcorée du verdict», qui présentera sans doute Warren Jeffs comme la victime de persécutions religieuses.

Signe que Warren Jeffs a bien l’intention de se transformer en martyr, il s’est livré à un sermon d’une heure lors d’une audience fin juillet. Alors que l’accusation énumérait la très longue liste de ses femmes comme preuve, l’homme, qui avait choisi de se défendre seul, a objecté. «Vous touchez maintenant à quelque chose de sacré. Cela doit cesser», a-t-il lancé selon le «Christian Science Monitor». «Si nous ne suivons pas ces lois, nous serons damnés ici et dans l’au-delà. Nous croyons en un système de mariage basé sur l’éternité, le mariage céleste, autorisé par les cieux et qui ne doit pas être perturbé par l’intervention gouvernementale», a justifié Warren Jeffs. «Moi, le seigneur Dieu du ciel, appelle cette cour à cesser ces accusations contre mes pures et saintes voies», a-t-il tonné, avant de promettre aux procureurs la maladie et la mort. Le gourou, lui, risque en tout cas de passer le restant de ses jours en prison.

Adrien Gaboulaud – Parismatch.com

actu-match | vendredi 5 août 2011

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Extraits des enseignements de William Marrion Brahnam : ce qu’il dit sur la femme…

Extraits de MARIAGE ET DIVORCE

De  BRANHAM WILLIAM MARRION

« Des gens m’ont appelé un prophète. Je ne m’appelle pas ainsi parce que je n’oserais pas les dire…il n’y a eu d’erreur »

« Dans la grâce (les calvinistes) »

« Ainsi, c’est les femmes qui fut de la division de ce beau foyer. Elle brisa la parfaite continuité du programme de Dieu sur terre…. »

« Maintenant, si elle brisé son alliance avec son mari, elle a aussi brisé son alliance avec Dieu. Ainsi, parce qu’elle brisa l’alliance avec Dieu, elle la brisa avec son mari. Et quand vous brisez votre promesse et votre alliance vis-à-vis de la Parole de Dieu… c’est cela qui a produit tellement de membres d’église illégitimes, parce qu’un groupe d’hommes s’est réuni et a dit : « Eh bien, cela ne voulait pas dire ceci ». Et cela jette toute l’organisation hors de la continuité avec la Parole. Ils disent  « Oh, nous ne croyons pas cela. Le Dr Jones a dit que ce n’était pas ainsi » Mais aussi longtemps que Dieu a dit que c’était ainsi… ! Il a dit  «  Que toute parole d’un homme soit mensonge et la Mienne la Vérité. » Cela brise la continuité »

« Elle est un sous- produit »

« Il n’y a rien qui soit aussi trompeur qu’une femme »

« Il n’y a rien de conçu qui puisse s’avilir autant qu’une femme. Elle est conçue ainsi. Elle est conçue pour faire ceci. »

« Il n’y a pas de truie ni de chienne, aucun animal conçu de la sorte et qui puisse s’avilir autant qu’elle. C’est vrai. Par égard pour mes sœurs, je veux simplement que vous observiez : aucun animale ne peut être immoral ! C’est pour montrer jusqu’à quel point elle peut s’avilir. Pensez à ceci maintenant il n’y a rien au monde, faisant partie de la création de Dieu qui puisse être immoral et s’avilir autant qu’elle. »

« Il n’y a rien de conçu qui puisse s’avilir autant et être aussi corrompu qu’une femme Une femme est la seule chose qui puisse l’être ! »

« Elle seule est conçue pour corruption et pour une vie impure. Une chienne ne le peut ; aucune autre femelle ne le peut. Seule la femme le peut. Une chienne ou n’importe quel autre animal, une fois par année-et c’est pour avoir ses  petits- mais non pour une plaisir sexuel ; c’est le but de mettre au monde des  petits ! La vieille truie, la vieille chienne-une fois par année, à un certain moment…c’est pour avoir des petits. Mais une femme est conçue pour le faire chaque fois qu’elle le désire. (J’ai maintenant tracé certaines chose ici ; vous pouvez imaginer le reste).Une chienne ne le peut pas ; une femme le peut.(J’espère que le Saint-Esprit vous révèle la suite) »

« Mais dans la race humaine, c’est la femme qui est la plus belle et non l’homme. S’il l’est, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a une semence croisée quelque part. Originellement, c’est ainsi. »

« Saviez- vous que la première destruction du monde survint à cause de femme belle ? »

« L’augmentation de la beauté des femmes dans le temps est un signe de tromperie. »

« Rien ne peut s’avilir comme elle, elle est conçue pour tromper. Et Satan agit vraiment sur elle aujourd’hui. »

« Elle est belle afin de pouvoir tromper »

« Il dut laisser Satan se saisir d’elle. Une telle créature ne serait pas convenable pour lui, conçue originellement. »

« Voici une créature qui est venue à l’existence par une perversion. »

« Remarquez : toute la nature marche dans la continuité. S’il avait fait la femme dans la même création originale, il n’y aurait pas eu de pêché, parce qu’elle n’aurait pas pu  le faire : Elle est une perversion de la création originale. De même tout pêché est une perversion de la vérité originale ! »

« Une femme immorale est la chose la plus vile que l’on puisse imaginer sur la terre. Excusez ceci, jeunes femmes. Elle n’est rien d’autre qu’une poubelle humaine,  «  une exposition du sexe » ! C’est tout ce qu’elle est. Une femme immorale est une poubelle sexuelle humaine, une pollution où tout ce qui est corrompu, sale, souillé, vil vient par elle. Pourquoi  est- elle faite ainsi ? Pour tromper. Tous les péchés qui se sont trouvés une fois sur terre ont été causés par une femme. »

« Par sa beauté et son contrôle du sexe, sa forme, qui lui fut donnée par Satan(elle, le sous-produit modelé par Satan) elle est utilisée pour tromper les fils de Dieu… »

« Et nous, sans le savoir, nous retournons tout droit à l’adoration païenne de la femme, la créature la plus vile de la terre ; l’adoration de la femme ! »

« Alors qu’aux yeux de Dieu, de la Parole, elle est l’animal le plus vil que Dieu ait sur terre. C’est pourquoi Dieu lui interdit d’enseigner Sa parole. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de prendre de l’autorité… »

« Selon quelle dit aussi la loi »

« Les gens disent que je suis un misogyne »

« Il a fait la femme pour l’homme et non pas l’homme pour la femme. »

« Dieu créa simplement un mâle et une femelle. Mais la femme fut faite différemment des animaux, ceci pour tromper. Elle fut faite ainsi ».

« Maintenant, il y a une alliance, pour le produit et une autre pour le sous- produit. »

« La femme est un arbre. Etre né d’une femme c’est la mort ; être né du Christ, c’est la Vie. Aucun serviteur de Dieu ne peut épouser une veuve. «

« Le remariage. Maintenant, remarquez, lui peut mais pas elle. Paul ordonne à la femme qui se sépare de son mari de rester seule ou de se réconcilier, mais pas de se remarier. »

Si Dieu avait pu donner quelque chose de meilleur à Son Fils qu’une Epouse, Il l’aurait fait. Mais, elle est conçue en vue de l’acte sexuel. Et aucun autre animal n’est conçu ainsi. »

« Mais une femme ne peut pas répudier son mari et épouser un autre ».

« Elle sera néanmoins sauvée, si elle persévère dans la sainteté, dans la modestie, en devenant mère,…. »

« Maintenant vous, femmes, reconnaissez-vous votre place ? La Bible dit que vous, femmes devez être comme Sarah, qui était vêtue décemment, étant honnête et fidèle à son mari, l’aimant à tel point qu’elle l’appelait son seigneur-celui qui domine sur elle, sa propriété. »

« Pourquoi vous exposez-vous dans cette tenue ? C’est pour la corruption ! C’est un esprit corrompu qui est en vous. Mais, vous êtes le sous- produit par lequel vous pouvez séduire ».

« Il peut répudier sa femme, quand il le désire, mais elle, ne peut pas le répudier. Et n’importe quelle femme qui refuse un enfant à son mari n’a pas le droit d’être sa femme ! Amen »

« La femme a sa place et elle est un joyau. Mais une femme inique c’est de l’eau dans son sang. Mais, vous ne pourriez pas trouver une femme juste entre mille »

« Ceci est uniquement pour ceux qui suivent ce message ».

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la Soka Gakkai : un mouvement sectaire protégé par l’Etat ?

Introduction

La Sōka Gakkai, littéralement « société pour la création de valeurs », est une organisation créée en 1930 au Japon, issue du Bouddhisme de Nichiren, moine mystique, et en particulier de la Nichiren Shōshū, à laquelle la Sōka Gakkai était liée jusqu’à la rupture en 1991.

Nichiren  prêchait un bouddhisme pour le moins radical. Nichiren prônait en effet la dévotion exclusive au Sûtra du Lotus, qui constituait selon lui, la forme unique et définitive du bouddhisme, la « Loi correcte ». Estimant que sa compréhension n’était pas à la portée de tous, il en arriva à déclarer que la seule dévotion à ce sutra permettait d’atteindre l’Eveil : « Partant de l’idée que la lettre même du Sûtra possédait une vertu salutaire, il en était bientôt arrivé à affirmer que cette vertu se trouvait en quelque sorte concentrée dans le titre du Livre, et que par conséquent le prononcé de ce titre en valait la lecture. Il suffisait en somme d »‘invoquer » le Livre pour bénéficier de cette vertu2. » Et la récitation du mantra « Nam Myo Renge Kyo » (Je rends hommage au Sûtra du Lotus3) constitue aujourd’hui encore l’essentiel de la pratique « religieuse » de la Soka Gakkai.

L’organisation s’étend à 192 pays et revendique près de 12 millions de fidèles.

Historique 

Le mouvement est fondé en 1930 sous le nom de Sōka Kyōiku Gakkai par Tsunesaburō Makiguchi, éducateur et directeur d’école primaire.

                       

Tsunesaburō Makiguchi

Inspiré par plusieurs auteurs occidentaux, Makiguchi cherche à développer une méthode pédagogique originale basée sur l’individu et son rapport à l’environnement. Converti au bouddhisme de Nichiren transmis par la Nichiren Shoshu de l’époque, il rapproche ses théories pédagogiques des enseignements de Nichiren.

Persécutés pendant la seconde guerre mondiale par le gouvernement Japonais, Tsunesaburō Makiguchi et Jōsei Toda, son disciple, sont arrêtés en 1943 pour crime de lèse-majesté (pour refus de se plier au shintoïsme devenu religion d’état obligatoire). En 1944, à l’âge de 74 ans, Makiguchi meurt pendant son incarcération.

Après la capitulation du Japon, Jōsei Toda engage une action de prosélytisme intense en faveur de l’enseignement de Nichiren et de la Nichiren Shōshū. Dans un pays ravagé et appauvrit par la guerre, Jōsei Toda établit une nouvelle organisation, la Sōka Gakkai.

Entre 1946 et 1958, la Sōka Gakkai a converti 700 000 foyers et gagné en influence au sein de la société japonaise. Elle est devenue un mouvement religieux laïc[1]. Lorsque Toda meurt en 1958, à l’âge de 58 ans, la Nichiren Shoshu est l’une des premières confessions bouddhistes du Japon.

À partir de 1960, Daisaku Ikeda, Daisaku Ikeda, proche disciple de Toda, fonde la Sōka Gakkai internationale, plusieurs institutions à vocation artistique et culturelle, ainsi que des universités et écoles Sōka. En 1983, l’ONU lui décerne la médaille de la paix.

Après trente ans de présence sur le territoire français, la Sōka Gakkai, rebaptisée ACSBN (Association Cultuelle Sōka du Bouddhisme de Nichiren) revendique entre 10 000 et 20 000 participants à ses réunions mensuelles.

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Structures et fonctionnements

Au travers de plusieurs associations culturelles et pédagogiques, elle entretient des échanges culturels avec des institutions universitaires. Elle participe également aux actions humanitaires internationales menées par les institutions de l’ONU.

En France, la Sōka Gakkai est constituée selon le modèle associatif en vigueur pour les associations religieuses ou d’utilité publique. Le mouvement est, depuis 2007, organisé en trois associations spécialisées (l’A.C.S.B.N., l’A.C.S.F et et l’A.C.E.P).  Il sépare ainsi formellement ses activités cultuelles de ses activités commerciales.

Son activité religieuse comporte notamment la pratique du gongyo matin et soir (récitation d’extraits du Sûtra du Lotus et de Nam Myoho Renge Kyo), l’étude de lettres et traités et de la foi en cette religion, dans le cadre ou non de réunions de discussion.

Sur le terrain, l’organisation est constituée d’un réseau de réunions de discussions locales tenues par les fidèles, qui ont lieu chez les particuliers. Ces réunions, ouvertes à tous et libres d’accès, sont divisées selon une structure établie en régions, chapitres, et quartiers. Elles ont lieu une fois par mois et réunissent les fidèles, des amis ou de simples visiteurs autour d’une thématique d’étude ou d’un sujet d’ordre général. Les participants sont invités à relater leur expérience de la pratique quotidienne, qu’elle soit ou non liée au sujet.

Ne disposant pas d’une structure associative de membres, l’organisation repose sur les dons libres pour constituer son budget de fonctionnement. L’essentiel des activités est donc assuré par des bénévoles non-rémunérés.

Controverses et polémiques :

La Soka Gakkaï est à la tête d’un immense empire financier (avec une fortune évaluée entre 500 et 700 milliards de francs6, soit un poids financier supérieur à celui de la firme Toyota), qui possède un patrimoine immobilier considérable ainsi que de nombreux journaux et revues en France et à l’étranger.

Certains observateurs lui reprochent un manque total de transparence et, paradoxalement, un désintérêt pour les rouages de la communication institutionnelle dans un pays où la collusion entre pouvoir politique, pouvoir économique et médias est régulièrement citée comme un modèle du genre.

En 1999, la récitation du mantra, présentée par certains comme une obligation, a été décrite comme « dangereuse et objectivement déshonorante » pour la Sōka Gakkai par le Tribunal de Grande Instance d’Annecy, qui l’a donc déboutée sur le fond d’une plainte pour diffamation déposée en 1999[]. Ce tribunal a même repris à son compte d’autres jugements du journaliste  que l’organisation attaquait comme diffamatoires : outre les « effets aliénants » et                    « déséquilibre psychologique » générés par le mantra, « l’intolérance de la doctrine ajoutée aux sentiments de persécution » qui « envahit peu à peu les adeptes ».

La suspicion qui entoure l’organisation conduit des associations anti-sectes comme l’UNADFI à déclarer : « La paix dans le monde est l’un des thèmes de base de la campagne de communication mise en place par la Sōka Gakkai dans le cadre de sa stratégie d’expansion mondiale. Afin de cultiver cette image, elle s’appuie sur l’ONU dont elle est une ONG, comme d’autres grands mouvements sectaires, et elle finance des projets culturels et éducatifs».

En 2000, la sociologue Florence Lacroix déclarait que « La Soka Gakkai, c’est (…) une fortune estimée entre 500 et 700 milliards de francs, ce qui en fait la secte la plus riche au monde. » Elle concluait en affirmant que « la Soka Gakkai, première secte au monde par sa logistique et le degré de sophistication de sa stratégie, me semble être le prototype des sectes à venir. ».

Dans le cadre des commissions d’enquête parlementaires sur les sectes en France, le rapport de la MILS en 1995 stipule que : « la Sōka Gakkai prétend enseigner la doctrine de Nichiren, moine bouddhiste du XIIIe siècle qui professait une version nationaliste et intolérante du bouddhisme ». Dans son rapport de 1999[], elle indique : « la Sōka Gakkai est, par sa richesse, la troisième secte implantée en France ».

Une organisation fortement hiérarchisée, clairement répertoriée en France comme « secte » en 1982, 1995 et 1999 par trois rapports parlementaires successifs.

 []Cependant, dans une lettre datée du 23 décembre 2003, M. le Ministre de l’Intérieur et des Cultes clarifie la situation en constatant l’absence de contrariété à l’ordre public de la Soka Gakkai et ses activités: « Je vous confirme qu’aucune dérive sectaire n’a été constatée dans les activités de la Soka Gakkai en France par les services de la police et de la gendarmerie nationale ». []

La Sōka Gakkai est de nouveau mentionnée dans le rapport 2005 de la Miviludes[], puis plus à partir de 2007suite à une action institutionnelle de la part de l’ACSBN et du Consistoire Soka du Bouddhisme Nichiren.

Une secte dangereuse pour l’équilibre psychique des personnes:

De la répétition au conditionnement :

L’adepte s’autopersuade que tous les événements heureux qui surviennent dans sa vie sont dus à la pratique. Ainsi, les réussites professionnelles ou personnelles sont immanquablement mises sur le compte de la pratique, et constituent autant de « preuves actuelles » de son indéniable efficacité.

En revanche, les difficultés rencontrées par le pratiquant, les problèmes de toutes sortes, les échecs sentimentaux ou professionnels, témoigneront d’une pratique incorrecte ou insuffisante. La non-réalisation des désirs de l’adepte ne remettra pas en question le bien-fondé et « l’efficacité » de cette pratique, mais la sincérité de sa croyance et de son engagement. L’absence de résultats n’aura pas pour conséquence d’éloigner l’adepte de cette pratique, mais au contraire de l’enfermer dans une logique le conduisant à pratiquer toujours davantage.

Entre espoir et terreur :

A ce stade, l’attitude de l’adepte pourrait être comparée à celle d’un individu souffrant d’une passion maladive du jeu. En effet, comme le joueur contraint par une pulsion irrésistible à remiser sans cesse dans l’espoir de « se refaire », et d’enfin « rafler la mise », l’adepte s’enferme dans un comportement compulsif qui l’entraîne à pratiquer toujours plus, dans l’espoir irraisonné du « gain » tant espéré. Impossible d’avoir tant perdu pour ne pas finir par gagner. Impossible, après tant d’efforts et de sacrifices, de ne pas obtenir enfin de bénéfices. Ce résultat si merveilleux, si attendu porte un nom, c’est le « kuduku », et son contraire, c’est le « bachi » (prononcer « batchi »). Celui-là, c’est le résultat négatif, celui qui nous tombe dessus parce que l’on a planté des causes négatives. Par exemple, lorsque l’on dit du mal de la pratique, des pratiquants, ou quand d’une façon ou d’une autre on a cherché à nuire à la Soka Gakkai, et le bachi peut être terrible : maladie grave, accident soudain… (…). C’est pourquoi vous ne rencontrez pas de pratiquants pour dénoncer les pratiques de la Soka Gakkai, car ils ont peur du bachi, et puis ils ont fait tant d’efforts pendant tant de temps, qu’ils espèrent qu’un jour, peut-être, ils ramasseront tout de même le kuduku qui changera leur vie en joie (Extrait du témoignage d’une ex-adepte). » L’absence de résultats qui tend à marginaliser l’adepte vis à vis du groupe, le conduit parfois à un véritable déni de la réalité, comme nous l’explique Florence Lacroix : « Si l’adepte n’obtient pas la réalisation de ses désirs, souvent légitimes d’ailleurs, c’est qu’il pratique mal. Alors, un supérieur hiérarchique l’aide à rectifier le tir, mais si ça ne donne rien, la non réalisation de ce désir devient une menace pour la cohésion du groupe. Surtout s’il commence à douter. (…) Il est à un moment où, à force de se voir accusé de ne pas pratiquer correctement, l’adepte culpabilisé va finir par altérer sa propre évaluation de sa situation et peu à peu, abdiquer sa faculté de jugement. Il va en arriver à s’autopersuader que sa situation s’améliore à vue d’œil, que certes ça pourrait aller mieux, mais que ça pourrait aussi être pire. « . Arrêter la pratique signifie pour l’adepte, non seulement renoncer aux bienfaits qu’il aurait pu obtenir en persévérant, mais également perdre tout ce qu’il croit avoir acquis depuis le début grâce à elle. Ayant souvent rencontré l’organisation et commencé à pratiquer alors qu’il traversait une situation difficile, l’idée même de s’en éloigner fait naître en lui une insupportable angoisse, et le laisse en proie à une véritable terreur : « La terreur, c’est quand l’adepte est persuadé que s’il arrête la pratique et sort de la Soka Gakkai, il perdra non seulement ce qu’il aurait pu obtenir dans une pratique « correcte », donc un bienfait virtuel, mais aussi ce qu’il possède déjà, la santé, un revenu minimum, son domicile, son conjoint, etc. Il se sent habité par une peur irraisonnée qui s’étend par cercles concentriques à chacun des domaines de la vie. La terreur est à la mesure de l’espoir dont elle est la face noire. Son jaillissement sanctionne la perte de l’espoir. Autrement dit, l’adepte a le choix entre se claquemurer dans un espoir déréalisant ou éprouver une terreur épouvantable et qui crée une tension bien plus éprouvante. La terreur est mitoyenne de l’espoir, et c’est cette mitoyenneté qui enferme l’adepte dans une déréalisation parfois stupéfiante. Elle est alimentée par les menaces spirituelles faites téléphoniquement ou par courrier aux adeptes qui s’éloignent de la secte. Ils doivent alors s’attendre à développer un cancer, à perdre leur emploi ou leur conjoint, etc. (Florence Lacroix). »

Les dangers du mantra :

Un mantra est une formule sacrée (phrase ou simple syllabe) censée posséder un pouvoir spirituel. L’usage du mantra se retrouve dans l’hindouisme et le bouddhisme (principalement dans le courant « Vajrayana « ). « Le principe est simple : il s’agit de répéter un son, une syllabe ou une phrase à un rythme variable. (…) L’important n’est pas la signification de la phrase prononcée, mais bien la prononciation rituelle du mantra dont l’efficacité résulte de la répétition rythmée du son, soit à haute voix, soit à voix basse, soit encore mentalement (…). » Mais l’emploi du mantra n’est pas anodin et sa répétition forcenée peut présenter des risques : « [le mantra] peut avoir une signification ou non. On le dit et le redit des centaines ou des milliers de fois par jour pour apaiser son esprit et progresser. Mais attention ! Le mantra n’est pas neutre. (…)La fréquence de la répétition doit être adaptée aux possibilités des uns et des autres. S’il est mal dosé, il peut provoquer des troubles : excitation, hallucinations, auto hypnose (…). » De nombreux spécialistes comme le docteur Jean-Marie Abgrall, s’accordent sur les dangers possibles d’une telle pratique : « L’emploi des mantra est une des techniques les plus répandues dans les sectes. Son apparence caricaturale, sa banalisation masquent bien souvent des dangers véritables. Le mot mantra vient du sanscrit « formule sacrée ». Dans les sectes, il est de surcroît un « instrument de pensée. » (…)Cette répétition permet d’obtenir une baisse de vigilance qui peut conduire au sommeil hypnotique, voire à la transe. » On connaît le fameux mantra « Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna, Krishna, Krishna, Hare, etc. » des membres de l’A.I.C.K. « La Soka Gakkai (…) utilise largement ce processus de répétition pour ancrer les termes et la doctrine dans le mental, de même que pour impliquer physiquement et psychologiquement le sujet qui consacre par ce biais temps et énergie à la secte. »

La pratique exigée des adeptes de la Soka Gakkai, comme nous l’avons vu, consiste en la récitation de la formule « Nam Myho Renge Kyo », dont la répétition est censée apporter d’innombrables bienfaits et conduire immanquablement au succès désiré. La durée de la récitation peut être variable et peut se voir prolongée pendant des heures en vue d’un résultat déterminé. Ainsi, le pratiquant peut être amené à faire un million de daimoku dans un but précis, ou pour obtenir la solution d’un problème. Une telle pratique peut paraître saugrenue, mais il ne faut toutefois pas en négliger les effets et les dangers, ni « minimiser le phénomène d’hypnose auto-suggestive des mantras répétés à l’infini (parfois durant des heures, des nuits entières. . . ) qui crée une accoutumance et produit un effet aliénant. » S’il est vrai que ces séances de récitation procurent à court terme des sensations d’apaisement et de bien-être, il n’en demeure pas moins qu’elles peuvent fragiliser le psychisme de la personne à son insu, la rendant perméable à toutes formes de suggestions, l’entraînant malgré elle « au seuil de l’auto hypnose, dans une zone où elle perdra tout esprit critique et laissera pénétrer sans le savoir le discours du Maître au plus profond de son subconscient même. »

Conclusion :

Catherine Picard, députée PS et présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (UNADFI), déclare en novembre 2005 que la MIVILUDES est trop timorée et ne remplit plus son rôle, « se bornant à communiquer une fois par an un rapport sur l’air de Tout va très bien » et affirme que certains membres du gouvernement Villepin, en particulier Nicolas Sarkozy, « s’affichent comme favorables aux sectes ».[

La présidence de la MIDILUVES a été renouvelée avec l’élection de Nicolas Sarkozy[] en 2007. C’est à cette date que la Soka Gakkaï n’est plus mentionnée dans les rapports successifs de la mission interministérielle.

Tout comme la majorité des gens, celui qui rencontre la Soka Gakkai ignore à peu près tout de cette organisation et de l’immense polémique qui l’entoure (articles de presse, soupçons d’espionnage industriel, procès en diffamation intentés aux journaux, mauvaise image au Japon, etc.). Dans ces conditions, peut-on réellement parler de liberté de choix ? Un véritable engagement sincère et authentique n’exigerait-il pas, dès le départ, une connaissance complète de l’organisation ?

Bibliographie : (à remettre dans l’ordre alphabétique)

Louis Hourmant, « Sectes et démocratie », sous la direction de Françoise Champion et Martine Cohen, Seuil, janvier 1999.

Louis Hourmant, « Sectes et démocratie », op. cit.

Jean-Marie Abgrall, « La mécanique des sectes », Payot et Rivages, 1996.

Bernard Fillaire, « Le grand décervelage », Plon, 1993.

Jean-Marie Abgrall est psychiatre, criminologue, et expert auprès des tribunaux. Spécialiste du phénomène sectaire, il est l’auteur de nombreux ouvrage sur le sujet.

Laetitia Schlesser-Gamelin, « Le langage des sectes », Editions Salvator, mars 1999.

Max Bouderlique, « Sectes, les manipulations mentales », Chroniques sociales, mars 1996.

Richard H. Seager, Encountering the Dharma: Daisaku Ikeda, Soka Gakkai, and the Globalization of Buddhist Humanism, University of California, 2006

Thierry Mathé, Le Bouddhisme des Français…, L’Harmattan, 2005

Takesato Watanabe, Sōka Gakkai et les médias japonais, in Citoyens du monde, sous la direction de D. Machacek et B. Wilson, 2000, L’Harmattan

http://www.reponses-soka.fr/spip.php?article4#3 [archive]

Troisième Civilisation (revue mensuelle de la Sōka Gakkaï), numéro de février 2008.

Karel Dobbelaere, La Sōka Gakkai, un mouvement de laïcs de l’école bouddhiste de Nichiren devient une religion, 2001, Elledici, Turin.

Louis Hourmant, « La relation à l’objet sacré dans un culte néo-bouddhique. La Sôka Gakkai française », Systèmes de pensée en Afrique noire (Paris), 12, 1993.

Louis Hourmant, « La Soka Gakkai, un bouddhisme « paria » en France ? », in F. Champion et M. Cohen, Sectes et Démocratie, Paris, Seuil, 1999.

Louis Hourmant, « Transformer le poison en élixir. L’alchimie du désir dans un culte néo-bouddhique, la Soka Gakkai française », in Françoise Champion, Danièle Hervieu-Léger, (dir.), De l’émotion en religion. Renouveaux et traditions, Paris, le Centurion. 1990, pp. 71-119.

David Machacek, Bryan Wilson, Citoyens du monde, le mouvement bouddhiste Sōka Gakkai au Japon, 2004, L’Harmattan, Paris.

Thierry Mathé, Le bouddhisme des Français : Le bouddhisme tibétain et la Sōka Gakkaï en France, contribution à une sociologie de la conversion, 2005, L’Harmattan, Paris.

Publié dans La manipulation mentale, Les abus, Les sectes

Une secte peu connue mais dangereuse: le Branhamisme

Introduction : qu’est-ce qu’une secte dangereuse ?

En 2005, le Gouvernement français abandonne la liste de sectes issue des rapports parlementaires pour se concentrer sur les agissements de certains groupes.

Certains auteurs, les associations antisectes et la MIVILUDES ont établi des critères de dérives sectaires. La MIVILUDES, tout en reconnaissant la difficulté d’appréhender la notion de dérive sectaire, en propose huit :

  • la déstabilisation mentale ;
  • le caractère exorbitant des exigences financières ;
  • la rupture avec l’environnement d’origine ;
  • l’existence d’atteintes à l’intégrité physique ;
  • l’embrigadement des enfants, le discours antisocial, les troubles à l’ordre public ;
  • l’importance des démêlés judiciaires ;
  • l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels ;
  • les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

Finalement, deux incriminations nouvelles ont été créées par la loi About Picard du 12 juin 2001 :

  • La limitation auprès de la jeunesse de la promotion des personnes      morales qui pratiqueraient une sujétion psychologique ou physique      lorsque cette personne morale ou ses dirigeants ont déjà fait l’objet de      condamnations pénales pour certaines infractions (atteinte à la vie,      violences, mise en péril de mineurs, exercice illégal de la médecine,      fraudes, publicité mensongère…), la violation de cette interdiction est      punie d’une amende (article 19 de la loi) ;
  • L’extension de l’abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse aux cas où des techniques de « pressions psychologiques réitérées » abolissent le discernement du membre de la secte au point de commettre des actes qui lui sont « gravement préjudiciables »[.

Nous allons vous démontrer pourquoi, selon nous, la Branahmisme fait partie des mouvements sectaires dangereux.

La vie de William Marrion Branham 

 

Né dans une famille pauvre du Kentucky rural en 1909, Branham n’a pas grandi dans un environnement religieux. Quant à son éducation, elle s’est arrêtée au niveau de l’école élémentaire. Sa vie sera  marquée par d’étranges apparitions, voix et visions. A sept ans, il dit avoir entendu une voix qui lui aurait soufflé : « Ne bois, ni ne fume jamais, ne souille d’aucune manière ton corps, car j’ai une oeuvre à faire pour toi lorsque tu seras plus âgé »(Peseux, p.13-14). A partir de là, le jeune Branham ne se reconnaît pas dans les églises.

Quelques années plus tard, alors que le jeune homme prie dans un hangar, une lumière en forme de croix lui serait apparue et une voix lui aurait parlé dans un langage inconnu. Peu de temps après, il sent l’appel du prêche et devient ministre dans une église baptiste. Branham était convaincu qu’un ministre de l’Evangile devait être appelé et apporter la Parole de Dieu par révélation.

Devenu adulte, il fut ordonné ministre d’une église baptiste par le Dr Roy Davis. Il commença rapidement un ministère non attaché à une confession particulière, car il se sentait appelé au service de tous. « Si cela ne tenait qu’à moi, je pourrais faire des compromis avec moi-même et me dire: Allons aux Assemblées de Dieu ou à un autre mouvement, joignons-nous simplement à eux et marchons avec eux. Mais ô frères, malheur à moi si je fais cela! Malheur à moi! Je me garderai de le faire ! Dieu m’enverrait en enfer si je faisais une telle chose » (Branham, 1960, p.43).

En juin 1933, il tint sa première campagne d’évangélisation. A la fin de cette série de réunions, le dimanche 11 juin 1933, un service de baptême dans l’Ohio eut lieu devant environ 4.000 personnes. Quelques centaines de nouveaux convertis se firent baptiser. Au moment où Branham était sur le point de baptiser la dix-septième personne il pria, disant : «Père, de même que je les baptise dans l’eau, veuille Toi aussi, les baptiser ainsi du Saint-Esprit». C’est à cet instant que serait descendue du ciel une Lumière brillante semblable à une étoile, qui s’arrêta au-dessus de lui. De cette Lumière aurait retenti une Voix disant: «De même que Jean-Baptiste a été envoyé comme avant-coureur de la première venue de Christ, ainsi seras-tu envoyé avec un Message qui sera avant-coureur de la deuxième venue de Christ».

Il refuse alors la Trinité, et enseigne une « doctrine Unicitaire ».

Mais c’est surtout à partir de 1946 que Branham va commencer à être connu mondialement : il est un des initiateurs du mouvement de guérison par la foi lancé en 1947. Il influença certains sous-groupes du mouvement pentecôtiste et charismatique, comme le mouvement La Pluie de l’Arrière Saison, Manifestation des fils de Dieu et le Royaume de la théologie actuelle. Il visite l’Afrique du Sud et l’Europe où il organisera des réunions en Suisse.

Ses partisans voient en lui l’avènement d’un prophète majeur : Élie annoncé par le prophète Malachie dans l’Ancien Testament.

A sa mort en 1965 dans un accident de la route, les disciples de Branham le considéraient comme le prophète de Dieu du 20ème siècle.

Son enseignement continue à être dispensé à travers le monde par des centaines de congrégations indépendantes qui croient la proclamation de « frère » Branham : « Je suis la voix de Dieu pour vous ». Aujourd’hui, les adeptes de Branham, dont beaucoup désapprouvent d’être appelés les « branahmites », sont au nombre d’environ 500 000 à travers le monde.

Ce mouvement récent, qui pourfend toutes les Églises protestantes, a son siège à Jeffersonville (Indiana). Ce centre missionnaire de la parole parlée dans les pays francophones possède de nombreuses implantations en Afrique, et spécialement à Brazzaville, où toutes ses paroisses s’y dénomment « tabernacles ». Le mouvement est principalement connu pour son insistance sur le « baptême au nom de Jésus », seul valable selon Branham.

En quoi le branhamisme est-il un mouvement sectaire ?

 

Le centre Voice of God Recordings(Dorier-Apprill  et Ziavoula, 2005):

Fondé sur une « vision » terrifiante de la Bible élaborée par le « prophète de cet âge, notre frère en Christ William Branham », ce mouvement est présent en Amérique latine, en Afrique où il réalise de vastes tournées de prédications et conversions qui emplissent les stades et hôtels de luxe (douze pays d’Afrique en 2005), et depuis quelques temps en Europe.

 

Les valeurs qu’il prône sont :

–          très conservatrices, le rôle de la femme étant de « rester silencieuse » :

« Que serait-il arrivé à votre grand-mère si elle s’était promenée dans la rue ne portant ces shorts ? On l’aurait mise dans un asile de fous []. S’il en était ainsi en ce temps-là, il en est de même aujourdhui ». (15 août 1965, Indiana)

« [] Si une question se pose au sujet de la religion, c’est bien celle qui traite du Mariage et du Divorce. Pourquoi ? parce que c’est ici la cause du péché originel. » (21 février 1965, Junior High School, Jeffersonville, Indiana; p.8)

“Une femme immorale est la chose la plus vile que l’on puisse imaginer sur la terre.[] Elle est une poubelle sexuelle humaine, une pollution où tout ce qui est corrompu, sale, souillé , vil vient par elle.” (p.22)

« Nous pouvons voir la corruption de cette ville dans ces jeunes gens et jeunes filles  qui se promènent ici dans la rue en se dandinant dans ces petits habits qui collent au corps []. » (p.23)

« Paul ordonne à la femme qui se sépare de son mari de rester seule ou de se réconcilier, mais pas de se remarier. (p.30) Mais il n’est jamais rien dit qui s’oppose à ce que l’homme le fasse » ( p.31).

–          anticommunistes et racistes :

« Je pense que Martin Luther King est inspiré par des idées communistes. » (Branham, La Parole parlée, 1963)

« J’aimerais pouvoir parler à ce pasteur, Martin Luther King. Comment cet homme peut-il en tant que chef conduire son peuple dans un piège mortel ? … c’est mon créateur qui m’a fait ce que je suis. C’est ainsi qu’il désire que nous restions. C’est ainsi qu’il demande que chaque homme reste. Il a fait des fleurs blanches, des fleurs bleues, des fleurs de toutes les couleurs. Ne les croisez pas ! Vous irez contre nature. » (Branham, La Parole parlée, 1963).

–         contre l’émancipation de la femme, à l’origine de tous les maux (21 février 1965, Junior High School, Jeffersonville, Indiana) :

 

De nombreux passages illustrent cet anti-féminisme :

« Ce n’est pas Adam qui a brisé le foyer et jeté le tout hors de la continuité, si ce n’est une femme : Eve » (p.13)

« C’est pourquoi au commencement (de même que Jésus s’y réfère), elle n’était pas un être original créé par Dieu ! Elle était le sous-produit d’un homme » (p.14)

« Maintenant, vous voyez où Satan est allé ? » (p.15).

 

 « Saviez-vous que la première destruction du monde survint à cause de femmes belles ? » (p.16)

 

Etc.

–          manipulatrices :

Les fidèles de doivent payer la « dîme » intégrale (un dixième de leurs revenus) et contribuer sous forme de travail gratuit. Ce qui nous ramène à un des critères de dérive sectaire : « le caractère exorbitant des exigences financières ».

Branham prétend qu’il existe des preuves scientifiques : « … des photographies ont été prises de nombreuses fois et cela se trouve dans la salle des Arts religieux à Washington D.C. du seul être surnaturel qui ait jamais été photographié et cela a été prouvé scientifiquement » (au sujet de l’apparition de la colonne de feu, 21 février 1965, Junior High School, Jeffersonville, Indiana). Nous pouvons assimiler cela à « l’abus frauduleux de l’état d’ignorance » dénoncé par la loi About-Picart de 2001.

Branahm avait prédit la fin du monde pour 1977. Or, La doctrine oublie de mentionner cette information, qui n’est fournie que sur demande explicite.

2)  La fausse prophétie de 1977 (Huckel, R., 1991):

«En dernier lieu, il vit un calendrier qui, de lui-même se feuilletait pour s’arrêter finalement à l’année 1977. Alors que frère Branham fixait ce dernier millésime intensément, il entendit subitement une explosion extraordinaire. En suite il vit que tout était rasé à même le sol. Il voyait du feu et de la fumée jusqu’à ce que tout fut en cendres ».

Branham: « Je dis : ‘Je prédis, d’après la façon dont va le temps, que cela se passera entre les années 1933 et 1977. Et les évènements devront se précipiter pour se produire dans ce laps de temps ». (W.M. Branham, La Révélation de Jésus-Christ, n°6, Âge de Thyatire, 1960, page 39)

La fin du monde était annoncée pour 1977. C’est une déstabilisation mentale comme mentionnée dans les critères de dérives sectaires, basée sur la peur : « Rentrez avec vos femmes et vivez en paix [], la venue du seigneur est proche ! Nous n’avons pas le temps de démolir ces choses. Mais n’essayez pas de le refaire! (21 février 1965, Junior High School, Jeffersonville, Indiana, p.39)

Conclusion 

Le Tabernacle fait partie de ces Eglises transnationales extrémistes et expansionnistes, qui  mettent en oeuvre de gros moyens matériels pour gagner les âmes, en particulier celles des élites urbaines, et mènent une stratégie d‘infiltration locale par le biais des fédérations d‘Eglises autochtones. Et cela nous renvoie une fois de plus à un critère de dérive sectaire : « les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics ».

Si vous pensez avoir été victime de cette secte, vous pouvez vous faire aider !

Bibliographie

Branham, W.M. (1960). La révélation de Jésus-Christ, Age de Philadelphie, n°8.

Branham, W.M. (année ?). La semence du serpent, Voice of God recordings, vol.5, n°6.

Branham, W.M. ( 21 février 1965). Mariage et divorce, Parkview – Junior High School – Jeffersonville – Indiana – USA. Document unique qui nous a été confié par … (un ex-adepte?)

Branham, W. M. (1963). La Parole parlée, Il prend soin, et vous ?, série n° 3, n° 6.

Dorier-Apprill, E., Ziavoula, R. (2005). La diffusion de la culture évangélique en Afrique Centrale, Théologie, éthique et réseaux, La Découverte/ Hérodote, n°119, 129-156.

Huckel, R. (1991). Étude technologique de la manipulation mentale, pratiquée dans les sectes contestées, Bouées, n°11.

Kennah, J.,  Perkins, T.  (1992). The message of William Branham, The servant, Educating the Church about False Religions and the Lost about Jesus Christ, 1-8.

Morin, A. (1983). Biographie de William Branham,  Éditions Sermons William Branham, 583 p.

Exemple d’un « prêche » de W. Branham, video traduite en français : http://www.youtube.com/watch?v=8oYVUhMilWM

http://journalchretien.net/3979-Sectes-le-branhamisme

Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires : 

www.miviludes.gouv.fr

Publié dans Agressions sexuelles, La manipulation mentale, La pédocriminalité, Les abus, Les procédures pénales, Les sectes, Témoignages

Enfants victimes de réseaux de pédophiles

Des enfants sont enlevés et sont victimes de réseaux de pédophiles. Ils subissent des rituels sataniques, des actes de barbarie à caractère sexuel. Nous nous devons de dévoiler ces actes de violence extrêmes faits sur des enfants. Certains parents se battent pour sauver leurs enfants. Aidons-les, mobilisons-nous !

Voir videos (attention images choquantes)

Les réseaux de l’horreur

Conférence sur la pédocriminalité : les réseaux pédocriminels impunis

Conférence à propos des réseaux pédocriminels et de leur impunité par Simon Rambaud, réalisateur du documentaire « Les réseaux de l’horreur », retraçant l’enquête sur les réseaux pédocriminels menée par Stan Maillaud et Janett Seemann. Il nous parle des réseaux pédophiles, sujet difficile mais abordé sans voyeurisme, juste en prenant des faits.

Site consacré aux affaires de pédophilie

En ce moment des parents se battent pour sauver leurs enfants :

http://reseaupedophileduvar.over-blog.com/

Témoignage d’un jeune enfant : http://www.dailymotion.com/video/xj4flq_temoignage-victime-de-pedocriminel-1-2_news#rel-page-4

http://www.dailymotion.com/video/xj4g58_temoignage-victime-de-pedocriminel-2-2_news#rel-page-1